Un audit SEO technique n'est pas sexy. Ce n'est pas ce qui fait briller les yeux des clients lors d'un premier rendez-vous. Et pourtant, dans la majorité des cas, c'est là que se cachent les gains les plus rapides. Voici les 10 problèmes qu'on retrouve le plus souvent.
Balises title et meta description dupliquées
Le problème le plus répandu, de loin. Un titre identique sur 30 pages catégories d'un site e-commerce, une meta description auto-générée avec le même template sur tout le site. Google ne sait plus quelle page mettre en avant et finit par choisir seul, pas toujours judicieusement.
La correction est simple : chaque page importante doit avoir un title unique (50-60 caractères) et une meta description unique (130-160 caractères). Sur les grands sites, ça se fait via un template dynamique qui intègre le nom du produit ou de la catégorie, sans les écrire une par une.
Outil : Screaming Frog, filtrer sur "Duplicate Page Titles" et "Duplicate Meta Descriptions".
Pages supprimées sans redirection 301
Une page supprimée qui renvoie une erreur 404, ça arrive. Ce qui est problématique, c'est quand cette page avait des backlinks ou du trafic. Tous les signaux d'autorité accumulés disparaissent dans le vide.
La règle : toute page supprimée avec un historique de trafic ou de backlinks doit être redirigée en 301 vers la page la plus pertinente. Si rien de pertinent n'existe, une redirection vers la page catégorie parente ou la page d'accueil vaut mieux qu'un 404 nu.
Sur un client e-commerce qu'on a accompagné l'année dernière, on avait identifié 140 pages produits supprimées sans redirection, représentant collectivement une portion non négligeable de leur budget de crawl. Après correction et redirection, le trafic organique sur les pages catégories associées avait progressé de 18 % en deux mois.
Screaming Frog exporte un CSV des URLs à rediriger. Vous pouvez le coller directement dans votre .htaccess, config Nginx ou plugin WordPress de redirections, sans les traiter une par une.
Redirections en chaîne
A → B → C → D. Chaque saut coûte du temps de crawl et dilue le PageRank transféré. Google recommande de limiter à une seule redirection. En pratique, on voit régulièrement des chaînes de 3 à 5 redirections sur des sites qui ont subi plusieurs refontes.
La correction : cartographier toutes les redirections existantes et les "aplatir" : faire pointer A directement vers D. Un export Screaming Frog avec le rapport "Redirect Chains" donne la liste complète en quelques minutes.
Balise canonical absente ou mal configurée
Sans canonical, Google doit deviner quelle version d'une URL est la principale. Avec des paramètres de tracking ou de filtre dans les URLs (?utm_source=, ?couleur=rouge), vous pouvez facilement vous retrouver avec des dizaines de variantes d'une même page en compétition.
La canonical doit pointer vers l'URL "propre" que vous voulez voir indexée. Et elle doit être absolue, pas relative. Une canonical relative (<link rel="canonical" href="/produit-x">) peut mal s'interpréter selon le serveur.
Cas particulier souvent manqué : les pages de pagination. La page 2 d'une liste devrait avoir un canonical qui pointe vers elle-même, pas vers la page 1.
Core Web Vitals dégradés
LCP supérieur à 4 secondes sur mobile, INP qui dépasse 500 ms, CLS qui fait sauter le layout au chargement. Ça nuit au classement et à l'expérience utilisateur. Les deux sont liés.
Les causes les plus fréquentes :
- Image de hero non optimisée et sans attribut
loading="eager"+fetchpriority="high" - Polices web qui se chargent sans
font-display: swap - Publicités ou widgets tiers qui injectent du contenu après le rendu initial (CLS)
- JavaScript bloquant en tête de page
PageSpeed Insights donne un diagnostic précis par URL. Pour un audit à l'échelle du site, Google Search Console (rapport "Expérience de la page") identifie les URLs problématiques.
Ne mettez jamais loading="lazy" sur l'image hero visible au chargement. C'est la première cause d'un mauvais LCP. Les images above-the-fold doivent charger en priorité. Ajoutez plutôt fetchpriority="high".
Structure de titres Hn chaotique
Plusieurs H1 sur la même page, des H3 qui suivent un H1 sans H2 intermédiaire, des balises de titre utilisées pour leur style plutôt que pour leur sémantique, c'est plus courant qu'on ne le croit, notamment sur les sites gérés par des équipes non techniques.
La structure correcte : un seul H1 par page (le titre principal), des H2 pour les grandes sections, des H3 pour les sous-sections des H2. Simple sur le papier, souvent bâclé dans les CMS où les éditeurs choisissent le niveau de titre en fonction de la taille du texte affiché.
Un plugin comme Headings Map (extension Chrome) permet de visualiser la structure en temps réel sur n'importe quelle page.
Contenu dupliqué via variantes d'URL
Le même contenu accessible via https://www.monsite.fr/page, http://www.monsite.fr/page, https://monsite.fr/page et https://www.monsite.fr/page/ : quatre URLs pour une seule page. Google les considère comme des pages distinctes et dilue l'autorité entre elles.
La solution : une seule version doit être accessible, les autres doivent rediriger en 301. Le HTTPS avec www (ou sans, à choisir et rester cohérent) est la norme. Le slash final doit être harmonisé dans un sens ou dans l'autre.
Images non optimisées
Quatre problèmes distincts qu'on regroupe ici :
- Format : JPEG et PNG là où WebP ou AVIF réduiraient le poids de 30 à 50 %
- Dimensions : une image de 3000 × 2000 px affichée en 400 × 267 px dans le HTML : le navigateur charge 7 fois plus de données qu'il ne devrait
- Attribut alt absent : Google ne voit pas les images, il lit les textes alternatifs. Descriptifs, pas vides, pas bourrés de mots-clés
- Lazy loading mal appliqué : mettre
loading="lazy"sur l'image above-the-fold retarde le LCP
Liens internes cassés
Un lien qui pointe vers une page qui n'existe plus (404) ou vers une page qui redirige gaspille du budget de crawl et crée une mauvaise expérience utilisateur. Sur les gros sites avec beaucoup de contenu ancien, c'est souvent le chaos.
Screaming Frog crawle et liste tous les liens cassés en quelques minutes. Il suffit ensuite de les corriger ou supprimer dans le CMS. À refaire tous les 3 à 6 mois sur les sites qui publient régulièrement.
Robots.txt qui bloque des ressources importantes
Une directive Disallow: /css/ ou Disallow: /js/ dans le robots.txt, ça arrive, et Google ne peut plus rendre les pages correctement. Résultat : il indexe des pages qui semblent "cassées" à ses yeux.
Plus subtil : un Disallow: / laissé dans un environnement de staging qui a été mis en production sans révision. Ça s'est vu, et ça peut prendre plusieurs semaines avant d'être détecté.
Règle simple : vérifiez votre robots.txt avant chaque mise en ligne majeure. Google Search Console indique si des ressources importantes sont bloquées dans son rapport "Inspection d'URL".
Les outils pour faire le diagnostic
| Outil | Usage principal | Coût |
|---|---|---|
| Google Search Console | Couverture d'index, CWV, sitemaps, erreurs d'exploration | Gratuit |
| Screaming Frog | Crawl complet, titres/metas dupliqués, liens cassés, redirections | Gratuit jusqu'à 500 URLs, puis £259/an |
| PageSpeed Insights | Core Web Vitals par URL | Gratuit |
| Ahrefs / Semrush | Audit automatisé, backlinks, suivi de positions | Payant (120-130€/mois) |
Pour un premier audit, Google Search Console + Screaming Frog (version gratuite si le site fait moins de 500 pages) couvrent l'essentiel. Le reste, c'est pour aller plus loin.
Si vous voulez qu'on regarde votre site, notre service SEO inclut un audit technique complet avant toute intervention.
Questions fréquentes
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